Connaissances Techniques Handi Quilter

Votre quilt se déforme ? Voici pourquoi — et comment l’éviter

L’un des plus grands défis pour les quilteuses et quilteurs utilisant une longarm est de comprendre deux phénomènes essentiels : la rétractation des couches sous l’effet du matelassage («take-up» en anglais) et la migration du patchwork pendant le matelassage en piqué libre (free-motion quilting). Ces mouvements naturels du tissu peuvent modifier la tension du patchwork, réduire sa taille et provoquer des plis ou des zones de surplus. Heureusement, il existe des techniques simples pour minimiser ces effets.

Pourquoi la rétractation des couches de tissu se produit-elle ?

Chaque motif quilté, surtout lorsqu’il est dense, « rétrécit » légèrement les couches du quilt — le dessus, le molleton et le dos. Cela crée une tension accrue dans les zones travaillées, tandis que les zones non quiltées restent plus détendues. Résultat : le tissu peut se déplacer, se contracter ou former des ondulations.

Par exemple, lors de la réalisation d’un motif large et ouvert comme une plume, il est possible de perdre entre 1/4 et 1/2 pouce simplement à cause de ce phénomène. Sans parler des risques de plis ou de surplus enfermés dans les motifs. Voici un exemple : le bloc de droite est bâti sur les quatre côtés ; le bloc de gauche est seulement bâti en haut. J’ai entouré chaque bloc avant de matelasser, et vous voyez bien que le bloc de gauche a rétréci — il y a même un grand pli et beaucoup de surplus !

Une petite parenthèse pour les utilisateurs du Pro-Stitcher (ou de tout autre système de matelassage informatisé). À mesure que vous avancez le quilt, le motif numérique ne change pas, mais les zones déjà matelassées ont légèrement rétréci en raison de la densité du quilting. Il est donc normal qu’il y ait un léger décalage et que le nouveau motif ne s’aligne pas parfaitement avec le rang précédent.

C’est pour cette raison que, lors de l’avancement pour exécuter le rang suivant d’un motif bord-à-bord, il est recommandé de sélectionner un point de réalignement situé au centre du dessin. Même si l’alignement est parfait au milieu, les bords peuvent présenter un léger décalage. Ne vous inquiétez pas : c’est un phénomène normal, inhérent à la take-up, et cela ne sera pas visible à l’œil nu une fois le quilting terminé.

L’importance du bâti : une étape incontournable, surtout si vous flottez votre top

Pour réduire ces déformations, il est essentiel de bâtir les bords du quilt avant de commencer le quilting, et à chaque fois que l’on avance le quilt sur la machine. Lors du dernier avancement, il est tout aussi important de bâtir le bas du quilt avant de quilter.

Cette étape stabilise les couches et limite la migration du tissu.

Stabilisez d’abord, puis réalisez vos motifs de remplissage en piqué libre

La meilleure pratique consiste à effectuer d’abord toute la stabilisation :

  • Bâtir les bords
  • Si vous faites du matelassage personnalisé bloc par bloc, pensez à matelasser dans la couture («stitch in the ditch» en anglais) autour de chaque bloc avant de remplir le bloc.
  • Ou, au minimum, utiliser des épingles pour maintenir les tissus en place

Plus votre quilting est dense, plus ce travail préalable est crucial. Sans cela, vous risquez de voir des déformations partout… sauf dans les zones micro-quiltées, qui elles, ne bougent pas car la densité y fige les tissus.

Quilting « edge-to-edge » : la règle de base

Pour un quilting edge-to-edge, il existe une règle minimale, simple mais essentielle : toujours bâtir les bords. Si vous choisissez de « faire flotter » le dessus au lieu d’attacher le bas du top à la barre de devant, prenez soin de l’épingler ou de le bâtir avec de grands points le long des barres afin qu’il reste bien en place. Les épingles ou les points de bâti seront retirés juste avant d’avancer la machine pour matelasser la zone de travail suivante.

Stabiliser en entier pour garder un patchwork bien d’équerre

Si vous souhaitez être encore plus sûre que votre patchwork reste bien droit et parfaitement d’équerre sur toute sa surface, vous pouvez aller plus loin et stabiliser l’ensemble du quilt avant de commencer le matelassage.

Concrètement :

  • Bâtissez tout autour de votre première zone de travail.
  • Avancez le quilt, puis bâtissez les trois côtés extérieurs qui ne l’étaient pas encore (les deux côtés et le bas). Vous verrez un bourrelet se former vers la barre du haut : ne vous inquiétez pas, c’est normal et il disparaîtra lorsque vous enlèverez les points de bâti avant de matelasser.
  • Répétez ces étapes jusqu’au bas du quilt.

Avant chaque bâti, vérifiez l’alignement :

  • à l’aide des barres de la machine ou d’un Channel Lock (axes vertical et horizontal bloqués) et d’un repère sur votre pied de biche ;
  • en vous servant des lignes de couture du top comme repères visuel pour confirmer que tout reste bien droit, dans les deux sens.

Cette étape est particulièrement importante pour les tops comportant beaucoup de coutures dans le biais, comme les losanges ou les triangles.

Lorsque le patchwork est entièrement bâti, si vous ne le matelassez pas immédiatement, veillez à détendre la surface afin d’éviter que des plis ne s’installent. Lorsque vous serez prêt(e) à matelasser, vous roulerez de nouveau le patchwork sur les barres.

Même avec un motif de quilting simple, cette préparation fait toute la différence.

Planifier une densité de quilting uniforme

Enfin, pour éviter les déformations indésirables, il est fortement recommandé de :

  • stabiliser chaque section avant de la matelasser ;
  • planifier un quilting à densité relativement uniforme sur l’ensemble du quilt.

De fortes variations de densité d’un bloc à l’autre sont souvent la cause principale des déformations les plus visibles une fois le quilt terminé.

Et pour voir le résultat final de ce magnifique patchwork réalisé par l’une de mes clientes, voici le patchwork avec le matelassage terminé. J’ai utilisé le motif « Baptist Fan #3 » du designer numérique It’s a Quilt Thing.

Portrait Quilting, Réalisations de Patchwork

Feux de Tissu : L’Art des Cache-Cheminées

Dans notre maison, il y a plusieurs cheminées… mais aucune ne fonctionne réellement. Elles sont là, un peu comme des témoins du passé, belles mais inutilisées, attendant qu’on leur redonne une place dans notre quotidien. Un jour, en les regardant, mon mari a eu une idée : pourquoi ne pas les habiller de patchwork ? Cela leur offrirait non seulement un nouveau charme, mais cela aiderait aussi à garder un peu de chaleur dans les pièces. Et puis, avouons-le, c’est un endroit parfait pour exposer de petits ouvrages !

C’est ainsi qu’est né le projet des cache-cheminées. Depuis, j’en crée un pour chaque pièce… et voici le dernier en date, celui de la salle à manger. Nous avons voulu y apporter une touche chaleureuse en imaginant un faux feu, réalisé grâce à la technique de Quilting Portrait — une technique que j’adore enseigner.

Il me reste encore le matelassage, mais avant de continuer, je prends du recul : le laisser tel quel ? Ou ajouter une bordure noire pour masquer complètement le blanc de la cheminée ? J’ai l’impression que cette petite bordure ferait toute la différence… Alors je me laisse encore un instant pour décider. Après tout, c’est aussi ça, le plaisir du patchwork : ces moments où tout peut encore évoluer.

Et pour le plaisir des yeux, voici un petit diaporama de tous les cache-cheminées que j’ai réalisés jusqu’à présent. Chaque pièce a maintenant son propre habillage, chacun avec son histoire et son ambiance.

Il ne me reste plus qu’un dernier défi : créer celui de la chambre de mon fils. J’ai déjà quelques idées qui mijotent… reste à voir laquelle prendra vie en premier !

Connaissances Techniques Handi Quilter

Comment éviter l’effilochage du fil en quilting longarm

En général, lorsqu’on matelasse avec une longarm, on essaie de travailler de gauche à droite, car c’est dans ce sens que le crochet de la machine forme le plus facilement de jolis points. Mais parfois, certains motifs doivent être réalisés sur toute la surface du patchwork, y compris de droite à gauche sur de longues distances. Et nous savons tous que cela peut provoquer l’effilochage du fil.

Heureusement, il existe une astuce pour limiter cet effilochage dans cette direction. Mais laquelle ?

Tout dépend de la manière dont votre fil a été bobiné à l’usine. Certaines bobines libèrent le fil dans le sens des aiguilles d’une montre, d’autres dans le sens inverse. Cela influence la tension exercée par la machine à mesure que le fil passe dans les guides-fil et les tensionneurs avant d’arriver à l’aiguille.

L’astuce consiste donc à regarder dans quel sens le fil sort de la bobine et de choisir un fil qui se déroule dans le sens antihoraire. Le fil Omni, par exemple, se déroulent dans le sens antihoraire ; d’autres, comme le So Fine, se déroulent dans le sens horaire. Voici comment le fil Omni se déroule :

Une de mes clientes m’a demandé d’utiliser le motif « Leave it to Weaver » sur son patch. C’est un très joli motif qui ressemble à un panier tressé. Il n’est composé que de lignes droites dans toutes les directions, avec notamment beaucoup de passages de droite à gauche et de nombreux allers-retours. Je ne voulais surtout pas que le fil s’effiloche. J’ai donc choisi mon fil Omni et une aiguille taille 18/110, adaptée à son diamètre. Et là, miracle : je n’ai eu aucune casse de fil sur tout le patchwork ! Je peux vous dire que j’étais la fille la plus heureuse ce jour-là ! Et en plus, j’ai joué avec le feu — et j’ai gagné — car il me restait littéralement 30 cm de fil sur la canette à la fin de la rangée du motif !

Si vous tenez absolument à utiliser un fil qui se déroule dans un sens favorisant l’effilochage, vous pouvez essayer de retourner la bobine pour voir si cela améliore les choses — ou opter pour un fil bobiné en usine dans le sens horaire ! C’est ce que j’ai fait avec cette bobine de fil Isacord, qui se déroule dans le sens horaire. J’ai également mis une petite chaussette autour de la bobine pour que le fil sorte de manière contrôlée et ne se déroule pas trop vite.