Il existe plusieurs façons de bâtir un patchwork sur une machine longarm avant qu’il soit matelassé à la main. Pendant longtemps, j’utilisais une méthode classique avec un quadrillage régulier tous les 10 cm comme ceci.

Mais, ce n’est pas le seul approche possible. Un excellent quilteur et formateur américain, Jamie Wallen, a présenté une approche un peu différente. Au lieu de réaliser un quadrillage, il utilise un grand motif en « vermicelle » pour le bâti. Selon lui, cette méthode permet de moins déformer le patchwork et de mieux le stabiliser pour le quilting à la main.
Une de mes clientes souhaitait justement que je bâtisse son patchwork afin qu’elle puisse ensuite le matelasser à la main. Je lui ai demandé si je pouvais tester cette technique sur son ouvrage, et elle a accepté avec enthousiasme. Je me suis donc lancée ! Pour référence, son patchwork fait 2m30 par 2m30.

Quelques astuces importantes
Pour commencer, j’ai utilisé les Channel Locks (verrouillage des axes) afin de vérifier que le patchwork restait bien d’équerre pendant tout le processus.
Sur les quatre bords du patchwork, j’ai réalisé un bâti avec une longueur de point de 1/4″ (6 mm). Il est très important de ne pas utiliser des points plus petits sur les côtés, car une longueur de 6 mm permet au surplus de tissu de se répartir correctement et évite la formation de plis.
Pour le bâti au centre du patchwork, j’ai réglé la longueur de point sur un grand point de bâti de 1/2″ (1,2 cm) à 1″ (2,54 cm).
Une tension volontairement relâchée
Il est recommandé de diminuer la tension du fil — autrement dit d’avoir une « mauvaise » tension volontairement — afin de faciliter le retrait des points de bâti au fur et à mesure du matelassage. En effet, les points de bâti doivent être retirés avant de matelasser les différentes zones.
Pour éviter de casser le fil avec des points aussi longs, j’ai également réduit la vitesse de la machine afin de travailler tout en douceur.
Une excellente façon d’utiliser les fonds de bobines
Cette technique est aussi parfaite pour utiliser les fonds de canettes et de bobines contenant seulement quelques mètres de fil.
J’ai ainsi utilisé une bobine presque terminée ainsi que sept ou huit canettes contenant chacune un petit reste de fil. C’est la raison pour laquelle on voit autant de couleurs différentes sur le tissu de dos du patchwork.
Pour le top, j’essaie toujours d’utiliser un fil très contrastant afin qu’il soit facile à repérer et à retirer avant le matelassage. Pour ce patchwork réalisé avec des tissus de Kaffe Fassett, j’ai choisi un fil blanc. Comme ses tissus comportent énormément de couleurs, c’était selon moi la teinte la plus visible.
Quelques conseils pendant le bâti
Lorsque vous commencez à bâtir, il n’est pas nécessaire de faire des points d’arrêt. En revanche, il faut bien tenir les deux fils lors des premiers points jusqu’à ce que vous sentiez que les points sont bien sécurisés.
J’ai réalisé un motif en vermicelle aussi grand que possible dans mon espace de travail. Mon espace disponible étant d’environ 45 cm, chaque rangée de vermicelle mesurait donc environ 45 cm de hauteur.
Au fur et à mesure de l’avancement, je vérifie régulièrement que le patchwork reste bien d’équerre, autant sur les bords qu’au centre. Pour cela, j’observe attentivement les coutures, qui doivent rester droites, et j’utilise le verrouillage des axes. Ainsi, si nécessaire, je peux ajuster l’alignement avant de poursuivre le bâti, ce qui permet de conserver un patchwork parfaitement droit et stable.
Le résultat

Au final, je trouve que c’est une excellente manière de stabiliser efficacement le quilt avant le matelassage à la main. Cette méthode offre un très bon maintien tout en limitant les déformations du patchwork.